Thomas de Pourquery – Interview

✏️ Yannick VERNINI 30 octobre 2017
Thomas de Pourquery – Interview

Thomas, entre vous et NJP, c’est une histoire d’amour qui dure. On pourrait presque croire que vous avez un pied-à-terre à Nancy!

Moi aussi ! (rires) C’est vrai que ça fait plaisir, on est invité chaque année, depuis 3-4 ans. Quand je dis « on », je pense à Supersonic qui revient pour la deuxième fois. J’étais venu avec le Red Star, l’année passée et on est vraiment heureux de revenir avec Supersonic et ce nouvel album, à Nancy. Chaque fois que l’on vient, on est accueilli comme des rois et le public est magnifique !

Une de vos grandes forces est de revenir à chaque fois avec un projet différent… Y compris dans le style de musique. Beaucoup vous cataloguent dans le «jazz» alors, qu’au final, vous êtes un véritable touche-à-tout. Vos shows sont très musicaux et accessibles à tous!

C’est sympa, ça fait plaisir ! C’est ce à quoi on travaille. La musique, c’est énormément de boulot. Pour monter un répertoire de jazz, en big band, c’est d’autant plus de travail.

Sur scène, on vous sent vraiment dans votre élément… Comme une sorte d’aboutissement de cet énorme travail… Comme une libération!

C’est sûr que je me sens bien sur scène, c’est fabuleux. Pour moi, la scène est un endroit sacré. Bob Marley disait qu’un concert « était un des rares endroits de paix sur la Terre ». Où l’on est en communion les uns avec les autres dans un son. C’est, finalement, quelque chose, de très simple. Quand on y pense, c’est vrai que c’est un des rares moments de paix où l’on essaie d’être tous sous notre meilleur jour ! D’ailleurs, on apprend ça dans la musique, il faut tout oublier lorsque l’on est sur scène… Un peu comme un sportif !

Vous avez sorti votre premier album à 23 ans. Vous souvenez-vous de vos premiers concerts où vous êtes monté sur scène pour les défendre? Et y a-t-il une date marquante?

Non, mais je me souviens de la première fois où j’ai fait du saxophone pour mes potes ! Ça m’avait vraiment marqué ! Je me suis dit « il se passe quelque chose entre nous tous » ! C’est beaucoup plus qu’un truc égotique ! Je me suis dit « je vais faire du saxophone, je vais avoir plein de petites copines, ça va être génial ! » Ça n’a pas marché du tout ! Je me suis très vite rendu compte que « l’égotrip » absolu du musicien et ses salles ébahies n’étaient pas une réalité ! Ça n’existe pas, finalement, ou alors que très ponctuellement. Mais il y a quelque chose d’universel, lorsque vous jouez de la musique, il se passe quelque chose et d’autant plus dans une salle ou un lieu de concert où les gens viennent écouter de la musique. C’est difficilement explicable avec des mots.

Finalement, tout est parti de ce moment entre potes…

Oui, tout a découlé de ça ! Ça participe aussi au fait que l’on a envie de faire de la musique, on constate que c’est du partage. Il n’y a rien de plus beau que de partager les choses !

En parlant de partage, vous partagez votre univers avec des artistes comme Jeanne Added, François and the Atlas Mountains ou encore Oxmo Puccino. Qu’est-ce qui vous a interpellé chez eux?

Jeanne est une très vieille amie, on a pratiquement commencé la musique ensemble. On se connaît quasiment depuis notre adolescence. On partage, même si on ne joue pas souvent ensemble, énormément de choses. Pour les autres, ce sont des gens que j’aime vraiment beaucoup. Ce sont des rencontres de vie, des rencontres humaines. On se croise dans les festivals. Mais c’est le même désir de rencontre que quand je croise un jazzman, un musicien classique ou quel que soit le style de musique. Il y a des rencontres, j’ai répondu à l’invitation de ces gens avec bonheur et qui connaissaient le son que j’avais quand je soufflais dans un saxophone. Ce sont avant tout des rencontres humaines. Je ne me vois pas faire de la musique avec des gens qui, humainement, ne me touchent pas.

Là, vous allez partager le plateau avec Keziah Jones et Fishbach, qui poursuit son envol…

Je ne connais pas personnellement Keziah Jones personnellement mais c’est un grand musicien, un grand chanteur. Fishbach non plus mais j’ai écouté ce qu’elle fait, c’est cool !

Pour finir, vous avez une autre corde à votre arc… Vous êtes également acteur ! Vous avez notamment tourné avec Laurent Lafitte… Est-ce quelque chose que vous avez toujours eu en tête ?

Pas du tout ! Pareil, c’est la vie qui a fait, il y a quatre ans, que l’on m’a proposé le premier rôle dans un film de Jean-Christophe Meurisse, aux côté des Chiens de Navarre. Puis l’on m’a proposé d’autres projets. Au cinéma, il faut accepter de devenir soi-même un instrument et de s’en remettre à un réalisateur ou une réalisatrice et d’avoir l’envie de leur raconter son histoire. Un musicien se sentant, à son tour, devenir instrument de musique, c’est ce qui est passionnant ! C’est comme si je passais derrière la caméra en étant devant. C’est à chaque fois un grand bonheur !

📷 : Fred Marvaux

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