Vanessa aux Sources du paradis

✏️ Yannick VERNINI 10 novembre 2018
Vanessa aux Sources du paradis

L’artiste revient avec son nouvel album studio. Avec ses accents folks, rock et soul, « Les Sources » est une véritable invitation au voyage.

Joe a définitivement fait sa route. Le tube, signé Étienne Roda-Gil et Franck Langolff, semble si loin. Entre-temps, Vanessa Paradis a tracé. Et fait des rencontres. Artistiques, notamment. Renaud, Alain Souchon, Serge Gainsbourg, Lenny Kravitz, Alain Bashung, Matthieu Chedid, Brigitte Fontaine, Alain Chamfort, Gaëtan Roussel ou encore Benjamin Biolay… La liste est longue et tutoie les étoiles. Alors que beaucoup se pinçaient le nez, les patrons de la chanson française ont rapidement décelé le potentiel d’une Vanessa Paradis faussement ingénue et qu’ils ont ainsi façonnée. Elle qui fonctionne à l’affectif, prenant les choses à cœur et à qui l’on n’impose rien.

Son septième album le prouve une nouvelle fois. Écrit et composé avec son mari Samuel Benchetrit, Fabio Viscogliosi et Adrien Gallo, des BB Brunes, « Les Sources » apaise, dans un premier temps. Le crépitement d’un bucolique ruisseau repose. « Kiev », aux arrangements vintages riches et rehaussés par un violon surplombant le tout, donne le vertige. Les têtes tournent et retrouvent la légèreté d’une « Plage » où le vent se lève… Où l’on échange ces doux « Mots Simples » jalonnant une vie entière. La déclaration d’amour est envoûtante, magnifique, puissante… Et pourtant pudique. La guitare acoustique et le violon, une fois encore, calment les esprits en ces temps agités. « C’est dire », mystique à souhait, campe un décor que « On Oubliera » prolongera en y mettant ce rayon de lumière qui, finalement, illumine tout l’opus. Du rock-folk « Mio Cuore » au réjouissant « Ce que le Vent nous souffle », en passant par le jazzy « Dans notre Monde » et le langoureux « À la hauteur de mes bras », Vanessa Paradis raconte ainsi une belle histoire. À la fois profonde et légère, musicale et poétique, parfois sensuelle avec « Chéri » en guise de chapitre final. Un morceau qui n’aurait pas déplu à Henri Salvador.

Un voyage intimiste et lumineux, hors du temps, où l’artiste déroule, se fait plaisir, explore de nouveaux horizons tout en s’appuyant sur ce qu’elle sait faire de mieux, avec cette voix inclassable prenant le dessus sur la mélodie avant de s’effacer à son profit dans le titre suivant qui se pose comme une suite logique du précédent. Une parenthèse intemporelle maîtrisée que Vanessa Paradis a, visiblement, savourée en l’enregistrant à Los Angeles, au studio Sound Factory, avec Paul Butler à la réalisation. Rien que ça.

Crédits photo - Mathieu Zazo (Couverture)

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