VANESSA GUIDE – INTERVIEW

✏️ Yannick VERNINI 6 avril 2018
VANESSA GUIDE – INTERVIEW

Entretien avec la Bisontine Vanessa Guide qui crève l’écran aux côtés de Max Boublil dans le film de Julien Hallard « Comme des Garçons ». Il a été présenté, en avant-première, à l’UGC Ciné-Cité de Ludres en présence de l’équipe du film.

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Vous passez avec aisance de la télévision au théâtre et au cinéma… Quel regard avez-vous sur votre parcours ?

Je ne me rends pas toujours compte du chemin parcouru, j’ai l’impression de ne jamais arrêter. J’ai commencé le théâtre à 12-13 ans, à Besançon. Et même avant ça, j’ai toujours eu le goût du spectacle. Petite, je grimpais sur les tables, je chantais du Edith Piaf pour mon premier public, ma famille. C’est assez paradoxal, je suis assez réservée et timide dans la vie ; mais il se passe quelque chose quand je suis sur scène. Je n’ai, pas peur de me remettre en cause. Je prends chaque projet comme un défi, c’était le cas pour « Comme des Garçons » où j’ai dû apprendre à jouer au foot, à taper à la machine à parler italien… J’adore ça !

Qu’avez-vous ressenti à la lecture du scénario ?

J’ai tout de suite aimé le film ! Quand on m’envoie un scénario, je ne me focalise pas sur le personnage, j’ai besoin de voir l’histoire dans sa globalité, de voir si ça me parle… Est-ce que j’ai envie de raconter cette histoire… Et après, évidemment, je me recentre sur le personnage que l’on me propose. J’aime bien que les deux soient réunis.

Ce fut le cas visiblement !

Oui ! J’ai essayé de ne pas m’emballer parce que ce n’était pas une proposition ferme, j’étais en concurrence avec d’autres filles, mais c’est le jeu. En même temps, je trouve ça bien, je me sens plus légitime, après, sur le tournage. Et puis c’est une manière de rencontrer le réalisateur, de voir sa façon de travailler. C’était un premier film pour Julien Hallard. Pour lui, c’était bien de voir si ça fonctionnait. J’avais très envie d’être choisie. J’ai aimé le côté historique du film. Même si c’est romancé, on part de faits réels, l’histoire de ces filles m’a beaucoup touchée. J’aime les femmes fortes, la détermination de ces filles qui n’ont rien lâché, juste pour avoir le droit de jouer au foot dans une société loin d’être évidente pour elles. Et puis il y avait le challenge du foot !

Un challenge que vous avez relevé…

Ça a été très compliqué. Je suis très sportive. Le sport a toujours fait partie de ma vie mais je n’avais aucune accointance avec le ballon ! Je n’avais jamais tapé dedans et je ne m’intéressais pas au foot avant le film, mais ça ne me faisait pas peur. Je m’y suis mise à fond, pendant six mois, trois fois par semaine, le but n’était pas d’être embauchée par le PSG, juste d’être crédible !

Cette histoire nous rappelle aussi que, pour les femmes le Moyen Âge n’est pas si loin… Une époque où la phallocratie régnait sans partage…

Complètement ! Ce n’est pas si loin. Notre histoire se passe un an après Mai-68 et on se dit que les choses n’ont pas bougé si rapidement que ça. Là, on est en province, à Reims, et les mentalités n’ont pas changé du jour au lendemain. On est dans un monde gouverné par les hommes et trouver sa place dans un milieu qui peut être aussi macho que celui du football, à cette période-là, n’était vraiment pas évident. En ça, elles ont été des guerrières, des pionnières pour lesquelles j’ai beaucoup d’admiration.

D’autant qu’elles ne sont pas forcément soutenues par les mouvements féministes…

Non, au contraire ! Le MLF était contre elles. Il les voyait comme des objets sexuels pour des hommes pervers qui en profiteraient. Il y a, je pense, une incompréhension, entre le combat de ces femmes et les féministes. Les filles de Reims avaient juste envie de jouer au foot.

Face à ce mouvement, on a ce personnage de Paul Coutard, campé par Max Boublil… Comment s’est passé le tournage ?

Je connais Max depuis un petit moment. On s’est rencontrés quand je suis arrivée à Paris. Ça fait 10 ans qu’on se croise, on a des amis en commun, j’ai participé à certains de ses sketches. Mais on s’est vraiment découverts sur ce film. Je l’adore, on s’est très bien entendus et il me fait beaucoup rire. Il a été très respectueux et d’un grand soutien, dans notre travail. Il venait nous voir à l’entraînement. Lui et Bruno Lochet, qui forment un super-tandem, ont été des partenaires géniaux. Avec Max, on se chambre beaucoup en interview… Mais qui aime bien châtie bien ! J’ai beaucoup d’affection et de respect pour lui. Il s’autoproclame féministe depuis qu’il est papa de deux petites filles. C’est un mec très élégant.

Même son personnage qui apparaît comme un indécrottable macho mais qui, au final, œuvre sans relâche pour le féminisme !

Oui alors que l’on part d’un personnage caricatural, tête à claques. Tout ça lui tombe dessus malgré lui mais il est pris à son propre jeu… Il va au bout, en les soutenant et en faisant en sorte que ces filles obtiennent des licences et soient reconnues. Au final, c’est plutôt un mec bien.

Et pour un macho, se séparer de sa voiture de sport est un gros sacrifice !

C’est vrai qu’il a été au bout !

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