Youssoupha – Interview

✏️ Yannick VERNINI 8 décembre 2015
Youssoupha – Interview

Étoiles

[Morceaux choisis]

Vous êtes de retour avec votre dernier album « NGRT »… Qui vous a pris plus de temps que prévu…

Oui, c’est le moins qu’on puisse dire ! Je me suis laissé emporter par les courants des concerts. Je ne m’en suis jamais caché, je ne suis pas un grand fan du studio. Ça réveille une certaine claustrophobie en moi. Je préfère la scène et comme ça se passait bien, j’ai eu énormément de sollicitations et je n’ai quasiment rien refusé ! Et comme je suis comme tous les hommes, que je n’arrive pas à faire deux choses en même temps, il a fallu que j’arrête la scène pour faire ce disque. Promis, on ne m’y reprendra plus parce qu’après, c’est dur de s’y remettre !

D’un autre côté, ce retard ne vous a-t-il pas permis de mûrir certains sujets que vous vouliez aborder ?

C’est vrai. Mine de rien, il y a beaucoup de choses qui ont changé. Par exemple, paradoxalement, plus je prends de l’âge, moins j’ai de certitudes et plus j’ai de convictions. C’est bizarre… Je supporte de moins en moins les gens qui ont des certitudes ! J’ai plutôt un sentiment, une intuition sur les choses. Ça m’a changé, ça m’a influencé, même dans ma manière d’écrire. Je ne vais pas faire le coup de la maturité, ce n’est pas ça. Mais en tout cas, ça m’a élevé à quelque chose d’autre. J’ai fait mon album, « Négritude », le plus personnel à un moment où je n’ai jamais eu autant de notoriété.

Comment le définiriez-vous ?

C’est un album un peu comme moi, que j’ai fait pour partager avec un maximum de gens. Il est populaire et passionné. J’ai essayé de faire en sorte qu’il soit facile à écouter parce que du coup, c’est facile à interpréter sur scène. Il y a toujours cet objectif de faire des chansons qui soient de qualité, bien travaillées, sans pour autant chercher la sophistication. Après, dans les textes, j’essaie d’être de moins en moins d’être dans la morale, je fais des constats, des remarques qui n’engagent que moi et qui peuvent avoir de la pertinence comme de la légèreté. J’ai moins la prétention de détenir la vérité que je pouvais avoir lorsque j’étais plus jeune. Quand on ne leur fait pas la morale, j’ai plus l’impression que les gens sont prêts à l’entendre. J’ai découvert qu’on avait le droit d’être d’accord sur nos désaccords. Et c’est très bien !

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